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Kalil Dicko, médecin spécialiste en maladies infectieuses et rétro-virales, a rejoint l’équipe de Djantoli en décembre dernier. Il travaille à améliorer les pratiques internes et celles de nos centres partenaires. Nous l’avons interrogé sur sa mission de réfèrent qualité et les avancements et  défis du programme d’amélioration de la qualité des services qu’il mène dans les centres de santé partenaires de Djantoli.

  • Quel a été ton parcours avant de travailler pour Djantoli?

J’ai fait mes études de médecine à l’Université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako. Après j’ai travaillé en tant que médecin coordinateur en milieu carcéral dans la région Kayes où j’étais en charge de la prévention et de la prise en charge du VIH/SIDA mais aussi d’autres maladies comme la tuberculose ou le paludisme. En 2015 j’ai rejoint l’ONG Médecins du Monde Espagne et j’ai coordonné leur Projet Ebola, également dans la région Kayes. Puis j’ai travaillé dans le centre de santé communautaire de Yirimadio (Commune 5 deBamako )  sur la prise en charge de la malnutrition en tant que médecin volontaire. Et finalement en décembre 2015 j’ai commencé mon engagement auprès de Djantoli sur le poste de réfèrent qualité.

  • Pourquoi as-tu décidé de travailler pour Djantoli ?

J’ai vu l’offre de Djantoli pour le poste de réfèrent médical sur le site de l’Agence Nationale Pour l’Emploi. J’ai décidé de postuler parce que c’était une offre intéressante qui correspondait bien à mon profil de médecin spécialiste des maladies infectieuses, surtout en ce qui concerne la prévention des maladies materno-infantiles et la sensibilisation et l’éducation à la santé en milieu communautaire. Le travail sur l’amélioration de la qualité des soins dans les centres de santé m’a motivé également.

  • Parle-nous de ta mission auprès de Djantoli

Mon rôle en tant que réfèrent qualité est de promouvoir la qualité des soins dans les centres de santé N’Tomikorobougou et Samé dans la Commune 3 de Bamako, qui sont les centres pilotes du « projet qualité » de l’association. Je coache des équipes qualité au niveau des centres pour améliorer les soins et renforcer les plateaux techniques. On se réunit régulièrement avec les équipes qualité et on travaille sur l’identification des problèmes dans le centre. Ensuite, on cherche ensemble des solutions possibles sur le court, moyen et long terme.

J’aide aussi les ASACOs (Associations de santé communautaires), les comités qui gèrent les centres de santé mais ne sont pas composés de professionnels de santé. J’assume souvent le rôle de médiateur entre les ASACOs et les centres de santé pour qu’ils comprennent bien leurs missions réciproques et puissent coopérer afin de mettre en place des solutions efficaces.

Le renforcement des capacités des agents de santé est un autre volet de ma mission. Je forme les agents sur le plan de l’accueil et de l’orientation des patients, la gestion et la prescription des médicaments ainsi que l’hygiène et l’assainissement.

Enfin, j’ai également un rôle au sein de Djantoli de « médecin-conseil ». J’analyse tous les mois les ordonnances qui ont été prescrites aux abonnés pour vérifier leur cohérence sur le plan médical, avant le remboursement par Djantoli. Cela permet de limiter les risques de fraude et de sur-prescription.

  • Qu’est ce qui a changé dans les centres de santé depuis ton arrivée en décembre?

J’ai vu beaucoup d’avancées dans les deux centres concernés par le projet qualité.  Le comportement quotidien des agents de santé a changé, ils ne viennent plus en retard et font bien leur travail. Suite à notre appui, les ASACOs se sont améliorés dans la gestion des agents de santé. Avant, beaucoup d’agents de santé n’avaient pas de contrats de travail corrects et venaient au travail de façon irrégulière.  La coopération entre les ASACOs et le personnel technique a progressé ainsi que l’hygiène et l’assainissement dans les centres. On a eu de bons retours de la part de patients concernant l’accueil et l’orientation, et surtout leur fréquentation de centres a augmenté. Sur le plan technique, nous avons équipé le centre de Samé par du nouveau matériel grâce au soutien de la Fondation Thiam et les patients n’ont plus besoin de se déplacer dans des laboratoires externes pour faire des analyses.

  • Et pour le futur ?

Il nous reste toujours beaucoup de travail à faire sur l’amélioration de la qualité. Il faut continuer avec le coaching et les formations et élargir notre activité dans d’autres centres de santé. Il est surtout important de travailler sur la motivation des agents de santé et leur présence régulière aux formations et coachings. L’appui auprès des ASACOs est crucial ainsi que leur volonté de participer activement sur l’amélioration de la qualité dans les centres de santé.

 

 

 

Le 10 avril 2016

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