0

Capture d’écran 2016-08-07 à 17.15.44

Larissa Madina Ouedraogo, Responsable du Service Djantoli à Ouagadougou, nous détaille le quotidien de son travail et nous présente le nouveau projet qu’elle pilote pour lutter contre la malnutrition des jeunes enfants vivant dans les zones périurbaines pauvres de la capitale.

  •  Pourquoi avoir choisi de rejoindre Djantoli ? 

Pendant mes études de DUT en assistanat de direction à l’Université de Koudougou, j’ai co-fondé l’ association « KUUMI KIIBSE » pour aider les orphelins dans la ville. J’étais chargée des relations extérieures et de la levée de fonds mais j’ai aussi travaillé sur le terrain, par exemple sur la détection des orphelins dans les rues. Cette passion pour les enfants tout comme l’envie de les aider étaient toujours très présentes dans ma vie. Suite à mon master en ressources humaines, j’ai travaillé  à la Polyclinique Notre Dame de la Paix à Ouagadougou. Je me suis occupée de la facturation et du recouvrement auprès des patients hospitalisés et j’avais pour mission d’apporter un soutien moral aux patients et à leurs familles. C’est là-bas que j’ai entendu parler de Djantoli ! A l’époque, Djantoli cherchait seulement un stagiaire de remplacement mais je n’ai pas hésité à postuler car c’était une opportunité de travailler directement sur l’amélioration du bien-être des enfants dans mon pays. Et après 3 mois j’étais ravie de recevoir la proposition pour le poste de responsable du service Djantoli à Ouagadougou.

  • Quelles sont les missions d’une responsable de service Djantoli ? 

Tout d’abord, j’assure la supervision des visites à domicile et des causeries. Cela veut dire que de temps en temps j’accompagne un agent pendant une visite à domicile. J’observe sa façon de travailler, de parler avec la maman, de peser l’enfant, d’enregistrer les données sur l’application, etc. Ensuite, nous faisons un point sur le déroulement de la visite, identifions les éléments à améliorer. De même, je peux accompagner un agent de santé durant une causerie, écouter s’il mène clairement la discussion du jour avant de lui faire un retour dans un second temps. Parfois j’appelle directement les mamans pour savoir comment s’est déroulée la dernière visite à domicile, si elles sont contentes ou ont des remarques à me transmettre. Je m’occupe enfin des questions administratives liées au terrain ainsi que des relations avec les centres de santé.

  • Peux-tu nous parler du « projet nutrition » ? Qu’a t-il apporté de nouveau chez Djantoli ?

Nous avons lancé le “projet nutrition”, avec le soutien des fondations Bel et Masalina, avec l’objectif de combattre la malnutrition des jeunes enfants vivant dans les zones périurbaines pauvres de Ouagadougou. Les taux de malnutrition chronique dans les zones périphériques de la capitale avoisinent 35%. Or, la malnutrition rend les enfants plus vulnérables et plus sujets aux maladies infectieuses. On le sait, ce sont essentiellement des mauvaises pratiques alimentaires qui expliquent ce fort taux de malnutrition chez les jeunes enfants.  

L’objectif premier du projet est d’améliorer les connaissances et pratiques des mères en matière d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Nous sensibilisons les mamans aux bonnes pratiques nutritionnelles pour impulser un véritable changement de comportement. Pour répondre à cet objectif nous avons formé nos agents de manière approfondie sur ces questions et menons, en partenariat avec deux organisations locales, des causeries sur l’ensemble des thèmes relatifs à la nutrition. A partir d’exercices pratiques, nous essayons de susciter le débat et la réflexion autour de différentes questions délicates telles que celle de l’allaitement exclusif, par exemple.

Le second objectif est d’améliorer le dépistage des cas de malnutrition. Nous ciblons les enfants dans les zones d’intervention de Djantoli et notre partenariat avec les agents communautaires nous permet de couvrir des zones non loties encore plus éloignées.

Mis en place dans le cadre de ce projet nutrition, les parcours d’accompagnement personnalisés pour les mamans constituent une nouveauté chez Djantoli ! Nous avons identifié des mamans nécessitant un véritable appui sur les sujets nutritionnels et avons défini avec chacune d’entre elles des thèmes pertinents à aborder afin de les aider à mettre en pratique les conseils  des agents. L’agent de suivi s’entretient avec elle environ 15 minutes durant chaque visite à domicile sur ces thèmes. Cela permet de donner des conseils personnalisés à la maman selon ses besoins et de mieux suivre ses progrès.

  • Comment faites-vous pour dépister les enfants malnutris et leurs mamans ?

Pour dépister les enfants malnutris, on mesure leur périmètre brachial durant les causeries et les visites à domicile. Si les agents de Djantoli expriment une suspicion, l’enfant est ensuite conduit au centre de santé pour confirmer la malnutrition et démarrer le parcours de réhabilitation nutritionnelle. Si l’enfant souffre de malnutrition aiguë modérée, l’infirmier prescrit des produits nutritionnels adaptés. A ce stade, le rôle de nos agents est essentiel. Ils expliquent à la maman qu’il est important de respecter les rendez-vous au centre de santé et de donner les produits nutritionnels à l’enfant et non pas aux autres membres de la famille. A travers les visites à domicile, ils surveillent régulièrement les changements dans l’état de santé de l’enfant. Dans les cas de malnutrition sévère, l’enfant est envoyé directement au centre de santé spécialisé.

  • De ton point de vue, est ce que les mamans s’approprient les bonnes pratiques nutritionnelles ?

Nous mettons l’accent sur le fait que la malnutrition vient avec d’autres maladies, pour que les mamans prennent conscience que si l’enfant est malnutri, il est automatiquement affaibli et peut être plus facilement infecté. De cette façon, nous faisons passer le message sur l’importance de bien nourrir son enfant et en même temps, nous amenons le débat vers d’autres thématiques telles que la prévention du paludisme ou de la diarrhée. Parce que nous voyons au quotidien que les mamans Djantoli s’approprient ces messages et ont la possibilité d’influencer les femmes dans leur entourage, nous avons décidé de faire animer des causeries directement par les mamans qui ont bénéficié du parcours personnalisé Djantoli. Cela aura lieu dès novembre prochain, pour marquer la fin de la première phase d’un an du projet nutrition.

larissa photo 1  larissa photo 2

image projet nutrition

Le 8 août 2016

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *