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banner_souley4 Nous avons donné la parole à Souleymane Sawadogo, responsable de la comptabilité, des finances et de l’administration des ressources humaines pour les projets de l’association au Burkina Faso. Il nous livre son regard sur les actions de l’association et défis sur le terrain.

  • Quel a été votre parcours avant Djantoli ?

Avant de rejoindre Djantoli j’ai travaillé dans un cabinet d’études, de formation et de conseil en gestion d’entreprise, en tant qu’assistant technique, puis chef d’agence. J’ai ensuite travaillé à Entrepreneurs Du Monde, en tant que responsable de point de service, chargé de superviser et de coordonner les activités de l’agence, qui consistaient à octroyer de petits prêts.

  • Pourquoi avoir décidé de rejoindre Djantoli ?

Ce qui m’a d’abord attiré c’est le travail dans une structure à but communautaire et humanitaire. Ensuite, le service qu’offre Djantoli, le suivi sanitaire des enfants.  Je me suis dit : félicitations ! bravo à Djantoli, car c’est la partie de la population au Burkina Faso qui souffre le plus et qui est le plus exposée aux maladies. Chez nous, tant que la personne n’est pas gravement malade on ne se rend pas dans les centres de santé. C’est pire pour les petits enfants car ils ne peuvent pas s’exprimer et sont plus fragiles. On a tendance à trop négliger la santé des enfants.

  • Quelle est votre mission à Djantoli ?

Depuis aout 2015 je suis administrateur, en charge de l’administration, de la comptabilité et du personnel local. Je m’occupe notamment de la gestion de la caisse à Ouaga, du contrôle de la caisse de Fada, de l’administration des projets. Je suis responsable de la comptabilité et du suivi budgétaire. J’assure également le suivi du personnel local : 2 personnes à l’administration à Ouaga, l’équipe terrain composée de 7 personnes, 5 Agents de médiation sanitaire et 2 agents de promotion, ainsi qu’à Fada ou nous avons 1 responsable de service, 4 agents de médiation sanitaire et 2 agents de promotion.

  • Qu’est ce qui a changé depuis que vous travaillez à Djantoli ?

Les outils comptables ont beaucoup évolué, ce qui facilite le travail et donne de la crédibilité sur nos capacités de gestion administrative et financière. J’ai pu proposer des évolutions à apporter sur ces sujets. Concernant le service offert aux familles, il y a aussi eu beaucoup d’évolution, notamment suite à la mise en place de la gratuité des soins pour les moins de 5 ans en avril 2016. Djantoli a élargit ses cibles et s’occupe aussi de la santé maternelle et de celle des enfants de 5 à 15 ans. Les nouvelles offres mères/enfants mises en place rencontrent un fort succès. Djantoli change la vie des populations. Le suivi à domicile et les causeries éducatives permettent aux familles de comprendre l’importance de la prévention.  Cela leur permet de comprendre que même avec des petites économies ont peu avoir accès aux soins. L’hygiène, l’alimentation, tout cela a beaucoup changé sur la zone de couverture, je le vois dans mon entourage. On voit qu’on peut faire changer le comportement des familles de façon positive sans leur faire débourser plus d’argent, et améliorer leur connaissance sur la nutrition de l’enfant et sur l’hygiène globale.

  • Quelles sont les plus grandes difficultés auxquelles vous faites face ?

La principale difficulté sur le terrain est liée aux distances dans les zones non-loties de la capitale. Les agents se déplacent à vélo et elles ont parfois du mal à se rendre chez les familles les plus éloignées. Pour les familles hors de la zone de service, elles viennent au CSPS, mais ce n’est pas aussi efficace que de se rendre à leur domicile où on peut voir comment elles vivent et mieux les conseiller.

  • Comment vous voyez le futur de Djantoli ?

Je travaille à la mise en place d’un manuel de procédures administratives et financières, en particulier pour les nouveaux arrivants C’est très important d’avoir des documents écrits sur lesquels s’appuyer pour faciliter la réplication dans de nouvelles localités. On aimerait pouvoir étendre Dantoli sur d’autres centres et d’autres régions, car beaucoup se montrent intéressés, on parle de Djantoli dans d’autres zones, certaines familles nous demande de s’abonner, mais on est obligé de refuser car elles sont trop éloignées.

  • Comment vous collaborez avec l’équipe de Bamako ?

Nous collaborons en ligne, avec mon homologue administrateur de Bamako. Quand quelque chose de nouveau se présente à moi, je l’appelle pour savoir si ils y ont déjà fait face et m’inspirer de leur expérience pour trouver une solution adéquate. Et vice versa. C’est ainsi que j’ai mis au point le contrat de travail et la fiche de poste de l’assistant administratif, en me basant sur ce qu’ils avaient fait de leur côté. On travaille également ensemble à l’harmonisation des comptabilités. La collaboration est très bonne et on a pu se rencontrer en personne en juillet dernier, ce qui facilite aussi le dialogue et l’esprit d’équipe.

Le 27 mars 2017

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