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Au Mali, la faible qualité des soins dans les centres de santé reste une cause majeure décourageant les familles de se rendre au centre de santé. C’est pourquoi Djantoli a souhaité approfondir son action en proposant, en parallèle de son travail auprès des familles, un accompagnement à ses centres de santé partenaires pour améliorer la qualité de leurs services. Les centres de santé de N’Tomikorobougou et de Samé sont les deux premiers centres à bénéficier de ce nouveau volet d’activité.

Le faible recours aux soins n’est pas seulement un problème d’argent ou de distance : de nombreuses études ont montré que le faible niveau de confiance des populations dans les structures de santé restait un des freins majeurs à l’accès aux soins au Mali. Le mauvais accueil, l’attente, le manque d’informations claires, l’indisponibilité des médicaments, parfois même le racket, sont autant de facteurs qui entravent encore la motivation des familles à venir au centre de santé, même lorsque les barrières financières et géographiques ont été levées*. Ce constat est partagé par nos équipes, qui constatent régulièrement cette frustration au sein des familles abonnées. 

Partenaires privilégiés depuis 5 ans des acteurs de santé en Commune 3 de Bamako, nous avons décidé de développer un nouveau volet d’activité pour proposer aux centres de santé de les accompagner sur le renforcement de la qualité des services qu’ils fournissent. Pour ce faire, nous avons, avec l’aide de l’ONG Mali Health, conçu une approche innovante et fidèle à nos principes clés de proximité et d’accompagnement dans la durée. Au programme :

  • Un cycle de formations pour le personnel de santé sur des sujets tels que l’importance de l’accueil, la gestion des stocks de médicaments, l’hygiène en milieu de soins et la prescription rationnelle ;
  • La mise en place d’un « comité qualité », composé de membres du centre de santé et de représentants des usagers, chargé de porter la mise en œuvre d’une démarche d’amélioration de la qualité en identifiant les faiblesses du centre et en proposant des solutions pour y remédier. Ce comité se réunit de manière régulière, et est accompagné par un « coach » Djantoli qui appuie la dynamisation de la démarche ;
  • Un appui en équipement médical, en fonction des besoins du centre ; 
  • Des enquêtes de satisfaction régulières auprès des patients du centre pour mesurer leur perception des progrès faits par le centre de santé.

Les deux premiers centres de santé à s’être portés volontaires pour le projet sont ceux de N’Tomikorobougou et de Samé. Les premières formations ont eu lieu en octobre, et les comités qualité de chaque centre se réunissent chaque semaine depuis début novembre. Plusieurs problématiques comme la gestion des médicaments génériques, l’absence de fiches de postes du personnel ou d’orientations claires données à l’accueil ont déjà pu être identifiées et traitées.

L’objectif pour les centres ? Créer des effets positifs durables sur la satisfaction des patients, sur la fréquentation du centre de santé et, in fine, sur la santé des communautés. 

Le projet sera mené de manière pilote dans ces deux centres pour une durée d’un an avant d’être étendu, si il est concluant, à d’autres centres de santé.

* Pour en savoir plus sur ce sujet, n’hésitez pas à lire l’excellent ouvrage des anthropologues Yannick Jaffré et Jean -Pierre Olivier de Sardan Une médecine inhospitalière. 

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Le 10 décembre 2015

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